Laurent Gineste et le Gambetta

La fin reconstituée du Gambetta

Laurent Gineste

Laurent Gineste

Laurent Gineste, 23 ans, ajusteur, fut porté disparu lors du naufrage – le navire est torpillé par un sous-marin autrichien – du cuirassé Léon Gambetta le 27 avril 1915 [voir l’histoire complète sur wikipedia]. 700 matelots périrent ce jour en Adriatique, ce qui fait de ce torpillage une des pires catastrophes survenue à la Marine Nationale.

Une lettre d’un survivant, envoyée quelques jours après à ses parents, permet de connaître les circonstances du drame.

Lettre dAlbert Cazabat

« Chers parents

Je vous ecris pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et je souhaite que ma carte vous trouvera de même. En ce moment nous sommes à Siracuse comme vous avez pu le voir sur les lettres que je vous ai déjà envoyé nous sommes logés à une caserne de biffin dans la ville même nous sommes coucher dans des lits. Nous mangeons pas trop mal nous avons un quart de vin part repas et comme macaroni nous mangeons quelque chose. Voilà trois jours que nous sommes là et nous y resterons jusqu’à la fin de la guerre ou jusqu’à t’en que l’Italie si mette. Pour le naufrage je pourrai vous en faire le récit sa c’est passée vers une heure ½ je dormai dans mon hamac lorsque une formidable explosion me projette en bas je me relève puis je monte l’échelle des officiers qui se trouve juste en face de mon hamac Continue reading

Poilu moyen

Avec les données récoltées, corrigées, vérifiées, nous sommes en mesure de résumer de façon lapidaire l’impact de la guerre dans le village. Ainsi, le prélèvement opéré s’élève à un peu moins de 4 % de la population de la ville. Ce chiffre, déjà effrayant, est cependant légèrement inférieur à la moyenne départementale, 4,2 % et supérieur à la moyenne nationale, 3,5 %. [Nous reviendrons en détail et en infographie sur ces chiffres dans les semaines qui viennent].

Le soldat le plus jeune tué s’appelle Albert Aristide, mort quelques jours après son incorporation. Le commandant Joseph Abblard est le plus ancien, tué à 48 ans au Chemin des Dames. La première victime de la guerre à Ille s’appelle Joseph Sabouraud, il est mort le 18 août 1914.

Au final, le poilu illois est majoritairement agriculteur, sait lire et écrire, mesure 1,61 m, il a 28 ans ,il est soldat du rang et a trouvé la mort en 1915 sur le front.

Des sources multiples

Pour compiler toutes ces informations nous avons fait appel à plusieurs sources. D’une part, c’est le point de départ, le monument aux morts de la vile, qui liste 121 noms. Ensuite, nous avons travaillé sur MémorialGenWeb, puis la liste dressée par Jérome Parilla dans les cahiers du Vieil Ille en 2005 ainsi que la base du ministère de la défense, Mémoire des hommes.

Des recherches complémentaires ont été menées par Marc sur les fiches de recrutement conservées aux archives départementales (consultables en ligne) et le recensement de 1906 dont la totalité est consultable en ligne, toujours sur le site des archives départementales.

Nous reste maintenant pour « écrire » l’histoire, les journaux de marche des unités qui nous permettront peut-être de préciser les circonstances des décès. Nous irons aussi voir du côté des archives de l’Indépendant et du rencensement de 1911 (pour compléter la cartographie des domiciles des poilus morts au cours du conflit).

Nous sommes ouverts à la consultation de tout document encore conservé dans les familles illoises pour poursuivre ce travail de documentation au cours des trois prochaines années. [Vous pouvez nous contacter par mail : Marc ou Yann]

Enfin, lorsque nous serons sûrs de la justesse de nos informations, qu’elles seront le plus complètes possible, nous mettrons à disposition sur le site la totalité des données rassemblées sous forme d’une feuille de calcul téléchargeable.

Visages.

Ces photos collectées par Marc proviennent essentiellement de la base MémorialGenWeb. Mais aussi des Cahiers des amis du vieil Ille.

Les unités de combat les plus meurtrières

Le 53e Régiment d’infanterie, garnison à Perpignan, caserne Saint-Jacques notamment depuis 1907, est naturellement celui qui compte le plus de tués de la commune dans ses rangs. Il a servi lors de la « bataille des frontières » en 1914, la seconde “bataille de champagne » en 1915, à Verdun au Fort de Vaux en 1916, aux Éparges en 1917 et sur la Somme en 1918. Il a fait partie de la 124e division d’infanterie jusqu’en novembre 1916 avant d’être versé à la 163e.

[historique bref du régiment sur wikipedia] Le journal de campagne du régiment est visible en cinq volumes sur le site Mémoire des Hommes (août 1914 – décembre 1919).

Le 96e régiment d’infanterie était lui basé à Béziers et Agde. Avant de rejoindre le secteur des Flandres fin 1914, il a pris part à la bataille de la trouée de Charmes, puis l’année suivante aux deux batailles de Champagne. En 1916 et 1917, il rejoindra quelques uns des endroits les plus sinistres du front, Thiaumont à Verdun, l’Argonne ensuite, puis entre février et août 1917, la côte 304 et le Mort-Homme (10 000 morts pour 300 jours de combats) à Verdun.

Le 96 est aussi le régiment dans lequel servit le poète Guillaume Appolinaire, mort de la combinaison des suites de ses blessures et la trépanation qu’il a subit et de la grippe espagnole, en 1918.

[Bref historique du régiment sur Wikipedia] Le journal de campagne du régiment est visible en quatre volumes sur le site Mémoire des Hommes (août 1914 – avril 1919, 7 volumes).

Le 142e régiment d’infanterie était stationné à Mende et avait son quartier-général à Lodève, dépendait d6 16e corps d’armée dirigé depuis Montpellier. Le régiment servit aux Éparges, lors des batailles de Champagne, à Verdun.

[Historique très sommaire sur Wikipedia] Journaux d’opérations consultables sur le site Mémoire des hommes (janvier 1916 à mars 1919).

Le 81e régiment d’infanterie était basé à Montpellier, il a notamment servi à Ypres, à la Trouée de Charmes, au Mort-Homme à Verdun, à Thiaumont…

[historique complet sur Wikipedia]. Journal d’opération consultable sur le site Mémoire des Hommes.

Le 143e régiment d’infanterie était basé à Castelnaudary. [historique très sommaire sur Wikipedia] et journal des opération consultable sur le site Mémoire des hommes (août 1914 – septembre 1919).